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Les graminées, un sujet qui préoccupe de plus en plus en grandes cultures

La gestion des graminées – ici ray-grass sur blé tendre – préoccupe de plus en plus les agriculteurs, comme le démontre les premiers acquis du projet Parsada GramiCible.

Les diagnostics menés auprès de la profession montrent que le ray-grass et le vulpin se généralisent et posent de plus en plus de problèmes.

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L’avancement de plusieurs projets lauréats du Parsada (plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement des techniques alternatives pour la protection des cultures) sur la gestion des ravageurs et des adventices — dont GramiCible et GramiCombi (1) — a été présenté mardi 24 février 2026 au Salon international de l’agriculture (Sia).

Moins de molécules

Dans le cadre de GramiCible, un premier état des lieux a notamment été réalisé au sujet des graminées adventices en grandes cultures. Leur gestion représente en effet un enjeu fort et préoccupant pour les agriculteurs, avec notamment la raréfaction des mesures chimiques.

« Lorsque l’on fait la liste des substances disponibles contre les graminées, il y a environ une douzaine de molécules, dont 4 avec des fins d’approbation au-delà de 2030. La grande majorité voit donc ses périodes d’approbation se terminer en 2026-2027 (certaines ont été reportées par manque de temps pour les évaluer dans le temps imparti, NDLR). Il y a quand même de gros enjeux car on sait déjà que pour certaines, leur réhomologation va être tendue. D’où l’intérêt de combiner les leviers », a précisé Franck Duroueix de Terres Inovia.

Présence généralisée

Ainsi, un diagnostic mené auprès de 80 organismes sur le terrain (coopératives, négoces, chambres d’agriculture…) entre 2024 et 2025 a permis de recenser les vulpins et ray-grass présents sur le territoire français.

« On observe une présence généralisée du ray-grass en France. Le vulpin, lui, est encore majoritairement présent dans l’Est et le Nord-Est, mais tend à gagner du terrain. On a aussi de plus en plus de zones mixtes avec les deux espèces, ce qui rend encore plus compliqué leur gestion », a souligné Anne Danthony chez Arvalis.

L’historique de présence de ces graminées montre, quant à lui, des foyers anciens dans le Centre et le Sud. Les zones les plus récemment touchées sont notamment situées dans le nord-ouest de la France. « Les longues rotations de ces régions commencent à montrer leurs limites car le ray-grass lève désormais toute l’année. Et les programmes herbicides commencent à flancher sur l’ensemble des cultures, et pas uniquement sur les céréales », ajoute la spécialiste.

Carte d'ancienneté de présence des foyers de ray-grass et de vulpin. (©  Arvalis)

Une carte sur les graminées estivales (panic, sétaire, digitaire) est à paraître dans les prochaines semaines. Et une cartographie des résistances à la fin de 2027.

72 % ont des problèmes de graminées

Par ailleurs, dans une enquête en ligne menée auprès de près 1400 agriculteurs, 72 % déclarent avoir des problèmes de désherbage des graminées avec un impact sur leur production. Et ces deux espèces sont mentionnées dans 55,3 % des réponses.

C’est pourquoi deux principaux axes de travail vont être adoptés dans ces projets :

Un quizz en ligne et un recueil de fiches, à venir, permettront en outre de mieux prendre conscience de sa situation et du niveau de risque.

(1) 24 partenaires sont engagés dans ces deux projets. GramiCible vise à développer des techniques de désherbage permettant une bonne maîtrise des graminées, dans un contexte de raréfaction des herbicides. GramiCombi, quant à lui, vise à construire des combinaisons de leviers de gestion intégrée des graminées dans les systèmes et à les déployer largement à l’échelle nationale.

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